25 avril GUEULES DE PIERRES à Banne

Samedi 25 Avril 2009
20 h 30
Salle des Fêtes de Banne

LECTURE THÉÂTRALISÉE
par Jean-Luc Violet • ART
et Marylène Clée • Mirlitoons

en présence de Jean-Jacques Salgon, écrivain

D'abord le décor : une vallée sauvage entre monts de Berg et gorges de l'Ardèche, celle de l'Ibie. Un décor minéral : l'eau on ne la voit pas souvent, elle joue à cache-cache sous les galets, resurgissant çà et là dans des gours.
Le paysage est ouvert, ici pas de canyon, la vallée est large. De chaque côté, les rives remontent les coteaux calcaires teintés du vert dense des buis et des yeuses. De nombreux éboulis, des « clapas », témoignent de la rusticité du sol et de l'âpre patience des hommes qui ont œuvré pour défricher et dépierrer ces garrigues.

Depuis des années, Bernard Vincent parcourt cette vallée d'Ibie. Familier de ce décor minéral, selon les heures, selon la lumière, il surprend des « gueules de pierre » au hasard de ses balades. Il a ainsi réalisé des centaines de clichés de ces rochers à visage humain. Une cinquantaine de ces visages sont présentés dans cet ouvrage.
Ces gueules de pierre ont inspiré Jean-Jacques Salgon, écrivain. De sa plume sont nés autant de portraits savoureux, révélateurs d'une imagination nourrie de souvenirs, de lectures, d'Histoire et d'histoires, le tout teinté d'un humour généreux et jubilatoire.
Une galerie d'anonymes qui croisent parfois un cardinal, un empereur romain, un dessinateur humoristique, une académicienne, un explorateur-missionnaire, un cinéaste, un anthropobotaniste, un rond-de-cuir, un poète, un principal de collège ...
D'une page à l'autre, une nouvelle gueule, un nouveau portrait ... un parcours plein de poésie et riche en surprises !

« C'est peut-être parce qu'ils ne sont que vulgaires cailloux, pierres du mur ou du chemin, rochers maltraités par les pluies ou le gel des hivers, débris ou survivants du grand chambardement minéral, que ces blocs de calcaire ont si bien su prêter leur forme et favoriser l'apparition de ces visages, le temps d'une brève rencontre avec le soleil du matin.
L'esprit de la vallée, c'est aussi la venue fugitive de tous ces esprits. Comme des revenants ils hantent le corps passif de la roche. Ils ne se laissent qu'entrevoir.
En voyant leur image fixée par l'objectif de Bernard Vincent, l'idée m'est venue de leur donner la parole. Je n'ai fait que transcrire les mots qu'ils m'ont soufflés. Se faire ainsi le messager de voix qui viennent d'ailleurs n'est-ce pas le rêve de tout écrivain ? »
Jean-Jacques Salgon

À l’issue de la représentation, rencontre avec Jean-Jacques Salgon
Entrées : 7 € / adulte • 4 € / enfant de -15 ans •
Gratuit pour enfant de - 11 ans
Renseignements : Point Info Tourisme de Banne 04 75 39 87 18
ou 04 75 39 82 66

18 avril À Livres Ouverts accueille Emmanuelle Pagano

Samedi 18 Avril 2009 à 20 h 30 au Restaurant À Notre Étoile Les Vans (place Ollier)

Lecture – Rencontre avec Emmanuelle Pagano, organisée par la Librairie Vandromme et Mirlitoons, dans le cadre de À Livres Ouverts

Lecture par Mirlitoons de la nouvelle « Le Guide automatique » : “Ce n’est pas un guide, plutôt un raconteur d’histoires, un raconteur automatique, on aurait mieux fait de l’appeler le conteur automatique, mais comme parfois il fait un peu le géographe-géologue-historien, un peu aussi le guide pour randonneurs immobiles en indiquant les GR précis de ses histoires, on a toujours dit le guide automatique”.
Discussion avec Emmanuelle Pagano autour de ses écrits notamment « Les mains gamines », son dernier roman publié chez POL, Prix Wepler - Fondation La Poste, en 2008, et Prix Rhône-Alpes du Livre catégorie littérature, en 2009. Lecture d'extraits par Mirlitoons.
« Les mains gamines » est un roman de douleurs sensuelles, porté par quatre voix féminines, assourdies, brisées de honte, enfermées dans la soie des silences et non-dits. Une écriture extrême et puissante pénétrée de minéral et végétal pour dénoncer l'insupportable.

Entrée libre
À 19 h, avant la lecture, possibilité de dîner (18 €)
sur réservation 06 21 16 35 31
Renseignements : Librairie Vandromme 04 75 37 23 50
ou Mirlitoons 04 75 39 99 07

THEA3 à Ruoms


Samedi 26 avril 2008

à partir de 18 heures

Salle des fêtes - Ruoms


Le programme …

18 h 00 -> GUEULES DE PIERRES Spectacle & Exposition
Au hasard de ses balades dans la vallée d’Ibie, Bernard Vincent surprend des « gueules de pierre » qu’il photographie. Ces rochers à visage humain inspirent Jean-Jacques Salgon. De sa plume sont nés autant de portraits savoureux, révélateurs d’une imagination nourrie de souvenirs, de lectures, d’Histoire et d’histoires, le tout teinté d’un humour généreux et jubilatoire. Un parcours plein de poésie et riche en surprises ! Le spectacle propose une sélection de photographies projetées et de portraits lus par Jean-Luc Violet, ART, et Marylène Clée, Mirlitoons.

19 h 00 -> LE CABARET AUX HISTOIRES Restauration
Une pause pour se désaltérer ou déguster un poulet au curry … Et pendant ce temps, s’ouvre la boîte à histoires des Marchands de Fables de La Grange à Papa.

21 h 00 -> LA PORTE DES DÉMONS Théâtre, à partir de 10 ans
Coproduction théâtrale La Grange à Papa - Mirlitoons - A.R.T., librement inspirée de deux contes japonais de Ryûnosuke Akutagawa. Avec : Nathalie Évangelista, Marylène Clée, Damien Mazel, Jean-Louis Moisseron, Andrée Saint-André, Jean-Luc Violet. Adaptation et mise en scène : Grégoire Terme.
Dans un pays dévasté, sous la Porte des Démons, un moine et une bûcheronne racontent le procès auquel ils viennent d’assister : celui d’un célèbre bandit accusé d’avoir violé une jeune femme et tué son mari, un samouraï. Quatre témoignages, quatre récits, quatre vérités, quatre versions de l’enfer …

22 h 30 -> QUAND CRAQUAIENT LES PELOUX Conte
Jean-Luc Violet parle de son pays, la Basse-Ardèche, et de ses déconvenues économiques : la fermeture des filatures, l’abandon de la culture de la châtaigne, l’élevage du cochon et l’exode rural. Nous sommes dans les années 60, 70, 80. C’est triste et pourtant on rit : dans un mélange pétillant et percutant de jeux de mots et de belles phrases, l’auteur-conteur fait revivre avec humour trente ans d’histoire ardéchoise.

Tarifs :
Lecture ou Conte = Adultes 6 €, Enfants (-16 ans) 3 €
Théâtre = Adultes 10 €, Étudiants, chômeurs 8 €, Enfants (-16 ans) 5 €
PassThea3 = Tous les spectacles, hors repas = Adultes 16 €, Enfants (-16 ans) 8 €

Renseignements :
Collectif pour les Rencontres Artistiques et Culturelles (C.R.A.C.)
Mail : crac07@gmail.com

10è Printemps des Poètes : Poème du 16 mars




Poème du jour



Le 10e Printemps des Poètes se termine ce soir … Mais rien ne vous empêche de lire, dire, offrir de la poésie toute l'année !
Pour plus d'infos sur le Printemps des Poètes : http://www.printempsdespoetes.com/
Ci-dessous le dernier poème que nous vous adressons pour cette édition. À l'année prochaine !
Bon et beau dimanche à vous tous.


Je vous salue ma rue

je vous salue ma rue
pleine de grâce et de misère
enfants mendiants
joueurs de violon d’accordéon
SDF mal logés sans papier
femmes émiettées hommes cabossés
jeunes et vieilles prostituées
misère abandonnée
je sais ces semaines d’exil
affameuses du pain quotidien
et des grandes eaux claires de l’oubli
le puits est à des jours de marche
et le feu qui crépite
aux brassées de bois juste
ne fait lever qu’une moisson de coqs
je le sais je le sais je le sais
mais vous le savez-vous ?

je vous salue ma rue
pleine de larmes et de détresse
je sais les matin pâteux
les voitures muettes les chèques impayés
les rappels les interdits bancaires
je sais les enfants malades
les fuites d’eau et les éviers bouchés
la vie s’élime avant la déchirure
ne tirez pas dessus
je sais le père qui ne parle plus et le froid de la rue
je sais la honte les regards méprisants
je sais les abandons les coups les cris
le porte-monnaie vide
la main tendue de l’enfant pour l’école
chacun porte pourtant toute sa part de vivre
je le sais je le sais je le sais
mais vous le savez-vous ?

je vous salue ma rue
pleine de peine et de douleur
on le fait pas exprès et on n’a pas choisi
les paniers à la fin du marché
les poubelles gavées qui ont trop à manger
les absences au travail et le chef et ses cris
je le sais pas la force trop à faire trop loin
le cerveau prisonnier de toiles d’araignées
et les chiens qui aboient qui font peur
les barreaux dans la tête et les filles violées
les attentes aux guichets
les regards agacés
de ceux qui sont pressés
je le sais nous n’avons pas choisi le soleil s’est noyé
où trouver une prise au néant
je le sais je le sais je le sais
mais vous le savez-vous ?

je vous salue ma rue
pleine de rage et de noblesse
je sais la vie cachée à l’abri des volets
mais où aller avec quoi on irait
sans de quoi se montrer
je sais le PMU et les jeux à gratter
je sais les jalousies mais s’entraider aussi
quand on peut qu’on n’est pas fatigué on le fait
si les morts revenaient qu’auraient-ils à nous dire
y’a trop de jours fériés à nos calendriers
on fait du bruit chez nous
on n’ose pas le faire ailleurs
faudrait pourtant mais
on n’a pas appris on sait pas
comment faire alors on se tait
je le sais je le sais je le sais
mais vous le savez-vous ?

je vous salue ma rue
pleine de honte et de fierté
je sais les bus absents les grèves avortées
les métros qui débordent les papiers à montrer
je sais les majuscules ébréchées
je sais les doigts noircis aux châtaignes du temps
nos enfants au fond des poches
s’ils nous échappent
c’est qu’il y a trop de trous et davantage au fond
c’est ainsi que voulez-vous
je sais la honte et la fierté
je sais les vieux habits les tenues de travail
les cheveux négligés les portes refermées
je le sais je le sais je le sais
et vous le savez vous ?
regardez-moi
ça vous regarde

Francis Ricard
Poème inédit offert par l'auteur

10è Printemps des Poètes : Poème du 15 mars




Poème du jour



Tu es cet autre

Tu es cet autre qui a peur,
trop léger d'avoir été,
trop lourd de devenir.

Tu es cet autre qui hésite
de franchir
l'arbre de ses rêves.

Cet autre tu deviendras,
plus pauvre que l'arbre sans feuilles,
cet autre dépouillé de tout.

Tu es
et parce que tu es,
tu es cet autre,
tu est né,
te souviens-tu ?

Tu es cet autre naissant,
cet aveugle qui te regarde,
tu es cet autre,
sois reconnaissant
d'être vivant

Dominique Cagnard

10è Printemps des Poètes : Poème du 14 mars




Poème du jour



Les Obscurcis

A l’étroit dans nos cages
Nous écrivons sans bouger la main
Les mots qui nous font défaut pris dans les livres désaffectés
Meurs si tu veux disons-nous à celui qui a effacé ses contours
Mais réveille-toi avec le coq qui clame le jour trois strates plus haut
Les passants qui nous empruntent nous disent clos sur de grandes insatisfactions
Ils sont ceux qui crient
Nous sommes ceux qui écoutent
Nos colères brèves comme feu de résineux nous survivent
Nous échangeons nos impressions avec d’autres obscurcis consignés dans
Nos cahiers
Sans nous déplacer
Jambes écartées telle maison construite sur un fleuve
Comment nous suivre alors que nous progressons un pied dans l’eau
Un pied sur la berge
Nous glissons glissons avec la planète
Nous maigrissons pour nourrir les cloisons faméliques de notre chair
Personne n’a le bras assez long pour ouvrir à l’air souterrain qui frappe
Aux murs
Personne n’a l’énergie pour préparer la mue de trépas à vie
Personne n’a localisé le passage prohibé
Les nouveaux venus repeints à neuf nous interrogent sur ce qu’ils ont
Laissé derrière eux
Au lieu de nous dire ce que nous sommes devenus
Nous dire si nous sommes mouillés ou secs
Vagues ou précis
Ils rient de nous voir si maigres alors qu’ils perdent du poids à
Chaque inclinaison de la planète
Quand le dessus devient dessous entraînant l’horizon et le linge sur des cordes
Draps ou linceuls qu’importe
Les nostalgiques cherchent leur forme dans leurs vêtements disloqués
Ignorant que le chagrin ne retient pas le lin
Et que des jardiniers vigilants plient dans le même sens chair et écorce
Les rêveurs attendent la saison des lucioles pour copuler
Le rien pénétrant le rien
Nous nous emboîtons
Feignons des coïts
Et que les austères s’enterrent de leurs propres mains sachant qu’ils le sont déjà
Et qu’il n’y a pas plus mort qu’eux
Drap ou linceul qu’importe

Nous nous limons pour ne pas éveiller la méfiance de ceux qui nous prennent pour
Des instruments émettant le même son osseux
Pour des caisses de clameurs maniées par le vide
Alors que nous pataugons dans nos étuis
N’accusant personne de la restriction de nos mouvements
Devenus plus casaniers que les chevaux
Plus farouches qu’il surgit d’un caillou
Frappant nos poitrines du poing lorsqu’une pierre dévale la pente
Les bruits à trois dimensions nous sont interdits
Seul le rectiligne et l’étale nous sont permis
Drap ou linceul qu’importe

Vénus Khoury-Ghata

10è Printemps des Poètes : Poème du 13 mars




Poème du jour



L'Autre

« Je est un autre. » Arthur R.

À force de m’écrire
Je me découvre un peu
Je recherche l’Autre

J’aperçois au loin
La femme que j’ai été
Je discerne ses gestes
Je glisse sur ses défauts
Je pénètre à l’intérieur
D’une conscience évanouie
J’explore son regard
Comme ses nuits

Je dépiste et dénude un ciel
Sans réponse et sans voix
Je parcours d’autres domaines
J’invente mon langage
Et m’évade en Poésie

Retombée sur ma Terre
J’y répète à voix basse
Inventions et souvenirs

À force de m’écrire
Je me découvre un peu
Et je retrouve l’Autre.

Andrée Chédid